Les contours de MaPrimeRenov' ont encore évolué avec la mise en place d'une nouvelle formule du dispositif ( Crédits photo: © maurice norbert - stock.adobe.com)
Jusqu'à présent, l'aide MaPrimeRénov' encourageait fortement les propriétaires à réaliser des projets de rénovation énergétique globale. La nouvelle formule de ce dispositif change cependant les choses.
Votre logement est trop gourmand en énergie ? L'aide MaPrimeRénov' , dans sa nouvelle formule, se concentre principalement sur le changement du mode de chauffage, et plus précisément sur l'installation de pompes à chaleur. L'objectif ? Faire baisser rapidement la consommation énergétique des Français et réduire la dépendance des ménages aux énergies fossiles, à l'image du fioul et du gaz. Un changement d'orientation qui n'est pas sans conséquences pour les propriétaires de biens immobiliers anciens.
Rénovation énergétique : pourquoi le gouvernement change-t-il son fusil d'épaule ?
Pendant longtemps, le dispositif MaPrimeRénov' s'est concentré sur l'isolation des logements et leur rénovation globale. La nouvelle aide en place semble marquer un tournant dans cette politique puisque, désormais, est privilégié le remplacement d'anciens modes de chauffage par une pompe à chaleur. Un équipement dont le fonctionnement repose sur l'utilisation des calories présentes dans l'air extérieur pour chauffer l'intérieur des logements équipés.
"Les objectifs étaient de favoriser des rénovations globales associant isolation et changement de chauffage. Mais cette politique a été abandonnée en cours de route alors qu'elle commençait à produire des résultats" explique Pierre-Louis Guhur, directeur d'Argile, une plateforme qui accompagne les professionnels de la rénovation énergétique. Avec ce changement de politique, l'objectif du gouvernement est clair : faire baisser rapidement la consommation d'énergie des Français.
Pour les consommateurs, cette réduction de leur consommation d'énergie présente également un intérêt : celui de faire baisser leur facture d'énergie et donc de mieux maîtriser leur budget. Les pouvoirs publics souhaitent par la même occasion réduire la dépendance énergétique du pays aux énergies fossiles, et en particulier au fioul et au gaz. "On est passé d'une approche très thermique, centrée sur l'isolation et la rénovation globale, à une approche beaucoup plus énergétique" résume Pierre-Louis Guhur.
À lire aussi | MaPrimeRénov’ : ce qui change pour vos travaux de rénovation en 2026
Une nouvelle politique énergétique qui soulève plusieurs questions
L'intérêt de l'installation d'une pompe à chaleur est démontré, comme l'explique le directeur d'Argile : "une bonne pompe à chaleur utilise une unité d'électricité et restitue en moyenne trois unités de chaleur". Pour autant, le changement isolé du système de chauffage ne résout pas l'ensemble des problèmes des logements mal isolés. Sans rénovation globale ni travaux d'isolation, les passoires thermiques continuent de poser des problèmes liés aux courants d'air et à la déperdition de chaleur en hiver.
Pour Sylvain Le Falher, directeur de la rénovation énergétique chez Hello Watt, si "les aides sont de plus en plus fléchées vers certaines technologies choisies par la puissance publique", c'est notamment pour des raisons budgétaires. En effet, une rénovation globale coûte cher à l'Etat (isolation par l'extérieur, changement du mode de chauffage, remplacement des fenêtres…). Dans un contexte de maîtrise des dépenses publiques, il s'agit donc de rechercher quels sont les travaux qui, pour un euro de subvention, permettent de maximiser les économies d'énergie.
À ce jeu-là, la pompe à chaleur semble être l'une des meilleures solutions. Les autres monogestes, c'est-à-dire les travaux isolés, à l'image du changement des menuiseries ou de l'isolation, risquent en revanche de ne plus bénéficier de l'aide MaPrimeRénov' dès le mois de septembre prochain. Dans un même temps, le DPE des logements qui utilisent l'électricité comme mode de chauffage profite d'un meilleur coefficient de conversion. Celui-ci est en effet passé de 2,3 à 1,9 début 2026, et pourrait passer à 1,7 dans les mois à venir. La classification énergétique des biens équipés d'une pompe à chaleur s'en trouve donc mécaniquement améliorée.

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement